Dimanche 30 juin 2013 à 15h (Château de La Ballue, Bazouges-La-Pérouse)

Peut-être qu'elle pourrait danser d'abord et penser ensuite

Vera Mantero

Conception et interprétation : Vera Mantero

Musique : Ruby, My dear, Thelonious Monk

Décor : André Lepecki

Costume : Vera Mantero

Production : Pos d’Arte, 1991

Avec le soutien de : Instituto da Juventude, Companhia de Dança de Lisboa

20 min / 1991

Ce spectacle est un solo créé en 1991, pour le festival Europalia en Belgique. Il est majeur dans le parcours artistique de Vera Mantero, malgré les deux décennies qui nous séparent de sa création il est encore actuel et joué.

C'est avec ce solo que sa créatrice, Vera Mantero, a trouvé une partie de son identité en terme de mouvement, en terme d'état sur scène, en terme d'outils et d'éléments permettant de créer et mettre en scène un corps qui ne néglige pas les gestes, les mains, le visage, les expressions... Vera Mantero essaye constamment d'empoigner ce qui passe à travers elle et de le révéler par les vibrations d'un corps luttant contre la cadence du temps puis jouant avec et enfin un corps produisant presque un discours via des sons qui semblent vouloir prendre la forme de mots.

Lors des premières représentations de ce spectacle, elle écrit dans le programme du soir : «Ma relation avec la danse tourne autour des questions suivantes: qu'est ce que la danse veut dire ? Qu'est ce que je peux dire avec la danse. Qu'est ce que je dis quand je suis en train de danser ? » La capacité, ou l'incapacité de dire, sont ses grandes préoccupations. Ce solo est spécifique également par le fait qu'il soit une improvisation. Il est le résultat d'impossibilités créatives et de difficultés qui le menèrent justement à prendre cette forme là. Il persévère malgré son origine chaotique, dans un monde en transition artistique, et continue à surprendre.

Et si le manque de conviction a commencé à produire un solo quelque peu bouleversant et douloureux, cette répétition ininterrompue durant vingt ans a fait évoluer le spectacle vers un registre plus lumineux d'humour,s tout en laissant intactes ses structures et fondations.

Vera Mantero a étudié la danse classique avec Anna Mascolo et travaillé au Ballet Gulbenkian à Lisbonne. Elle commence à réaliser ses premières créations en 1987 et entame une carrière prolifique en tant que chorégraphe avec Olympia (1993), Sous (1993), Pour d'ennuyeuses et profondes tristesses (1994), Poésie et Sauvagerie (1998), Jusqu'au moment où Dieu est anéanti par l'exercice de la beauté (2006) et sa dernière pièce On va manquer de tout ce dont on n'a pas besoin. Figure majeure de la nouvelle danse portugaise, elle participe fréquemment à des travaux internationaux d'improvisation (avec notamment Lisa Nelson, Mark Tompkins, Meg Stuart et Steve Paxton). Depuis 2000, Vera Mantero se consacre également à une recherche sur la voix et le théâtre et co-réalise plusieurs projets de musique experimentale. Elle reçoit en 2002 le prix Almada et en 2009 le prestigieux pris Gulbankian pour l'ensemble de sa carrière artistique.