Samedi 30 juin à 20h15 (Bazouges-la-Pérouse, Château de La Ballue – Pépinière)

L’Amant

Yves-Noël Genod

2h / 2017

 

Conception : Yves-Noël Genod

D’après le roman de Marguerite Duras


Interprétation : Yuika Hokama

 


Production : Le Dispariteur

L'Amant, c'est l'histoire ultra célèbre racontée par Marguerite Duras. Je l'ai connue, je l'ai fréquentée les dernières années de sa vie. J'avais treize-quatorze ans, j'étais fan, je l'ai suivie, c'était la dernière période. C'était après L'Amant. C'est inoubliable (à cet âge), ce que cette femme a pu m'apporter. Je me souviens de tout. Elle parlait vraiment comme elle écrivait. Yuika Hokama est une danseuse que j'ai rencontrée à Lyon, quand Gwenaël Morin m'a prêté son théâtre, je l'ai rencontrée par audition. Nous avons fait beaucoup de spectacles ensemble, à Lyon puis à Paris. Douée comme danseuse, chanteuse et comédienne. Dans l'un des spectacles de Lyon, elle proposait un extrait de L'Amant, en japonais. C'était bouleversant. Plus tard, elle débarque dans le cours que je donne à Pantin (près de Paris). Le cours s'intitule Jouer comme Gérard, il a lieu dans le café associatif Pas-Si-Loin et, dans ce café, elle, pendant quarante minutes, déploie — en français sans accent — l'une des scènes peut-être la plus difficile à jouer, quand l'amant chinois emmène la petite Française dans sa garçonnière pour la première fois.

 

Cette vie-là, vécue-là. Le café Pas-Si-loin, à Pantin, devient comme un lieu sacré, pendant tout ce temps, présent et ailleurs. La vie continue et, derrière la vitre, le carrefour, la lumière déclinante — nous étions, nous, dans notre « livre intérieur » (comme l'appelle Proust dans Le Temps retrouvé). À la fin, tous, nous sommes stupéfaits par ce qui vient de se passer (« l'état de l'apparition », dit Marguerite Duras) et Yuika me reproche gentiment de n'avoir pas de « notes » à lui faire. Je lui réponds : « Que veux-tu que je te dise ? C'est excellent. Si Marguerite Duras était là, elle en serait dingue... ». Oui, Marguerite Duras était vraiment là et ça lui plaisait plus que tout. Elle aimait la petite Japonaise d'Okinawa qui jouait L'Amant, j'étais ramené à mon adolescence.

 

Yves-Noël Genod

 

Ce spectacle n'est pas adapté aux personnes de moins de 15 ans

Yves-Noël Genod est né en 1972. Il a toujours joué et mis en scène, notamment en travaillant avec Claude Régy et François Tanguy (Théâtre du Radeau). Depuis la pratique du contact improvisation, il dérive vers la danse avec une collaboration avec Loïc Touzé. En 2003 à l'occasion d'une carte blanche pendant le festival Let's Dance au Lieu Unique à Nantes, Loïc Touzé lui propose de fabriquer son premier spectacle, En attendant Genod qui s'appuie sur le modèle des stand-up anglo-saxons. Les «cartes blanches» s'enchaînent ensuite, spectacles - près de quatre-vingt à ce jour - et performances présentés le plus souvent dans des festivals, des lieux de danse ou des formes hybrides. En 2013, pour la deuxième édition d’Extension Sauvage il a présenté une performance avec Marie-Françoise Mathon, Conversation en attendant.

 

Yuika Hokama est née en 1988 à Okinawa, au Japon. Elle se forme à la danse classique dans son pays natal avant d’intégrer le Conservatoire National Supérieur de Lyon en 2003. Elle en sort diplômée en 2011, s’étant orienté vers la danse contemporaine. En 2015, elle rencontre Yves-Noël Genod et participe 5 spectacles du cycle Leçons de théâtre et de ténèbres au théâtre du Point Du Jour à Lyon. Elle y dira son premier texte : un extrait de L'Amant de Marguerite Duras, en japonais. Elle retrouve Yves-Noël Genod à Paris en 2017 pour ses cours de théâtre Jouer comme Gérard à Pantin. Elle y joue alors son premier texte en français : encore L'Amant. Yves-Noël Genod lui propose d'en faire un solo qu’elle joue en public au début de l'été 2017 au café Pas Si Loin. En 2017 elle joue dans La Beauté contemporaine, le deuxième volet du diptyque sur Marcel Proust d'Yves-Noël Genod. On pourra la retrouver fin juillet au Festival d'Avignon pour Certaines n'avaient jamais vu la mer, de Julie Otsuka, dans une mise en scène de Richard Brunel.